Brouillons, sources et IA grand public : où vont les données d’une rédaction ?
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En bref
Un brouillon collé dans un assistant d’IA est transmis à l’éditeur de cet assistant. Selon l’offre, les échanges peuvent servir à entraîner les modèles, et des humains peuvent en relire une partie. Un brouillon peut contenir le nom d’une source ou une information non vérifiée. Avant d’utiliser un outil, une rédaction vérifie où il héberge les données et ce qu’il en fait.
Le geste est courant : un journaliste colle un brouillon dans un assistant d’IA pour le relire ou le raccourcir. Ce texte quitte alors la rédaction. Les conditions de traitement dépendent de l’éditeur et de l’offre souscrite.
Ce que disent les éditeurs
Informations relevées le 1er octobre 2026 sur les pages officielles des éditeurs :
- ChatGPT : sur les offres individuelles (Free, Go, Plus, Pro), les contenus servent par défaut à améliorer les modèles. Un réglage permet de le désactiver. Les offres Business, Enterprise et Edu en sont exclues par défaut.
- Gemini, application grand public : quand l’activité est conservée, les échanges servent à améliorer les services de Google, entraînement compris. Des humains relisent une partie des conversations. Les conversations relues peuvent être conservées jusqu’à trois ans.
- Perplexity : sur les offres Free, Pro et Max, le réglage « AI Data Retention » est activé par défaut. Il autorise l’usage des données pour améliorer les modèles. Il se désactive dans les préférences, sans effet rétroactif. Les données des offres Enterprise ne servent jamais à l’entraînement.
- Notion AI : les contenus ne servent à l’entraînement qu’avec un accord explicite.
Les conditions évoluent. Elles diffèrent souvent d’une offre à l’autre chez un même éditeur.
Ce qu’un brouillon révèle
Un brouillon contient souvent ce que la rédaction protège le plus : le nom d’une source, une information en cours de vérification, un angle avant publication. L’article 2 de la loi du 29 juillet 1881 protège le secret des sources des journalistes. La Charte d’éthique professionnelle des journalistes demande de garder le secret professionnel et de protéger les sources. Un élément confié à un service tiers sort du contrôle de la rédaction.
Les questions à poser à un outil
Avant d’utiliser un outil d’IA, une rédaction peut vérifier cinq points :
- Où les données sont-elles hébergées et traitées ?
- Les contenus servent-ils à entraîner des modèles, par défaut ou sur accord ?
- Combien de temps sont-ils conservés ?
- Des humains peuvent-ils les relire ?
- Peut-on exporter et supprimer ses données ?
Chez Verbatim
Les conditions d’utilisation de Verbatim excluent l’usage de vos contenus pour entraîner un modèle. La transcription des entretiens passe par un serveur situé en Europe. Une citation, un document ou un contact peut porter le statut OFF, pour citer un propos sans nommer la source.
Questions fréquentes
Est-il risqué d’utiliser un assistant d’IA grand public en rédaction ?
Le risque dépend de l’offre et de ses réglages. Les conditions d’hébergement et d’entraînement varient d’une offre à l’autre chez un même éditeur. Pour un document sensible, ces conditions se vérifient avant usage.
Que signifie héberger ses données en Europe ?
Les données sont stockées et traitées dans des centres de données situés en Europe. Cela limite leurs transferts hors de l’Union européenne, que le RGPD encadre.